An Elephant Sitting Still

de Hu Bo



Chine, 2018, 3h50
avec Yuchang Peng, Yu Zhang, Uvin Wang

An Elephant Sitting Still

Au nord de la Chine, une vaste ville post-industrielle et pourtant vide, plongée dans un brouillard perpétuel qui semble piéger ses habitants. Un matin, une simple altercation entre deux adolescents dans un lycée dégénère et va souder les destins de quatre individus brisés par l’égoïsme familial et la violence sociale. Une obsession commune les unit : fuir vers la ville de Manzhouli. On raconte que, là-bas, un éléphant de cirque reste assis toute la journée, immobile…
 

Dans cette Chine contemporaine domine une violence sourde, tant économique que physique. Qui n’épargne aucune génération, favorise l’atomisation sociale, annonce une désagrégation de tout. Pourtant se niche encore de l’énergie positive, accentuée par des arpèges de rock fluide. Il y a surtout cette perspective stimulante d’atteindre un curieux eldorado, situé plus au nord du pays, dans un zoo de Manzhouli. Là-bas, dit-on, un éléphant, celui-là même évoqué dans le titre, resterait assis sur ses fesses, toute la journée, indifférent à l’oppression. Un animal digne de Bouddha ? Il fallait au moins ça pour être à la hauteur des humiliés en quête de leur ­dignité.

Jacques Morice, Telerama



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