Clash

de Mohamed Diab



 

France-Egypte, 2016, 1h37
avec Nelly Karim, Hani Adel, Tarek Abdel Aziz

Clash
Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s'en sortir ?
 
Avant d’arriver à Cannes, Clash sous le bras, Mohamed Diab n’a pas montré son film à la censure égyptienne. Ce sera pour plus tard, après que le monde du cinéma aura découvert ce huis clos en panier à salade, présenté jeudi 12 mai en ouverture de la section Un certain regard. Dans cette prison mobile qui parcourt les rues du Caire, le jour d’un de ces affrontements qui suivirent la chute du président Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013, Mohamed Diab et son coscénariste et frère Khaled ont enfermé des partisans du retour à l’ordre sous l’égide des militaires et des membres et sympathisants des Frères musulmans. A l’extérieur, il filme une ville où la guerre civile coexiste avec la vie quotidienne. Ce qu’en penseront les censeurs d’un régime qui vient d’emprisonner pour deux ans l’auteur Ahmed Naji, sur plainte d’un lecteur qui estimait sa pudeur outragée, Mohamed Diab n’en sait rien. Il sait simplement que, lorsqu’il a soumis son scénario à la censure préalable, en 2013, « les esprits étaient plus calmes », qu’aujourd’hui. Le jeune – 38 ans – cinéaste s’inquiète aussi de ces actions en justice individuelles qui mettent en péril la liberté d’expression autant que les institutions : « Pour Les Femmes du bus 678 [son premier film, succès en Egypte et en France], j’ai fait l’objet de plaintes, l’une estimait que je donnais une mauvaise image de l’Egypte et exigeait qu’on interdise l’envoi du film en festival, l’autre que j’encourageais les femmes à poignarder leur mari. »

Thomas Sotinel, Le Monde