Djam

de Tony Gatlif



France-Turquie-Grèce, 2017, 1h37
avec Daphne Patakia, Simon Abkarian, Maryne Cayon

Djam
Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir.
Elle est un peu folle, Djam. Elle chante et danse ; elle se braque, toujours trop intense. Elle ressemble au passionné Gatlif, qui ne la quitte pas des yeux. Cette union entre le cinéaste et son héroïne prend tout son sens dans le monde divisé que l'on découvre. Voyageant de l'île de Lesbos à Istanbul, Djam croise des vies brisées par la crise et met ses pas dans ceux des migrants, dont le passage est évoqué par des images frappantes. Sur le mur d'une gare, une inscription en arabe (« le sang coule à Alep »). Sur le rivage, des bateaux fracassés. Sur une île, une montagne de gilets de sauvetage... A l'épicentre de la tragédie, le cinéaste la fait résonner avec intensité et pudeur. Et cherche à redéployer l'horizon dans le regard d'une fille qui traverse les frontières et va de l'avant. Porté par le personnage de Djam, le film l'est aussi par son interprète, une nouvelle venue saisissante, Daphné ­Patakia.

Frédéric Strauss, Telerama


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