Joueurs

de Marie Monge



France, 2018, 1h45
avec Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou

Joueurs
Lorsqu'Ella rencontre Abel, sa vie bascule. Dans le sillage de cet amant insaisissable, la jeune fille va découvrir le Paris cosmopolite et souterrain des cercles de jeux, où adrénaline et argent règnent. D’abord un pari, leur histoire se transforme en une passion dévorante.
 
Avez-vous pensé à faire un documentaire ?
Non, parce que dans la vie, les flambeurs sont comme des personnages de fiction. Ils sont éminemment romanesques. Ils me rappellent les anti-héros du cinéma des années 70, à la marge de leur époque. Ils n’ont pas ce rapport très actuel à l’argent, au succès, à l’ambition et sont en contact avec toutes les couches de la population, les pauvres, les riches, les minorités... Ils se réinventent tout le temps en dépit d’une extrême fragilité, c’est fascinant. Quand il s’est agi d’en faire un film, j’ai tout de suite eu envie de lier l’addiction au jeu à la passion amoureuse, qui consume de la même façon.

Le film montre que tout est brouillé : que l’addiction au jeu est aussi amoureuse et que la passion relève un peu de la loterie.
Exactement. Ella fait une sorte de pari sur Abel. Dès le début, elle sent que ça va mal finir mais elle a envie de vivre quelque chose de fort. Et pour retrouver cette intensité originelle, elle va être amenée à faire des choix de plus en plus dangereux. Ce qui porte les personnages dans un premier temps finit par les consumer. C’est la définition de l’addiction et le trajet du film.

Il y a des choix narratifs audacieux comme cette ellipse au milieu du film un peu déstabilisante.
Ce principe d’ellipse était pensé comme un trou noir. Quand on est addict, on se souvient de sa première fois, puis d’un coup on oublie tout. On est dans un état qui nous dépasse sans savoir comment on en est arrivés là. On a coupé le lien avec les proches (qui sont impuissants), on n’a plus de prise sur rien.

Entretien avec la réalisatrice / Christophe Narbonne, Première



Séances

Ce film a été programmé en 2018 dans le cinéma associatif suivant :
• Cinéma Saint-Michel, Saint-Michel-Chef-Chef