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La Cravate

de Mathias Théry et Etienne Chaillou



France, 2019, 1h36
Documentaire

Ce film est soutenu par le GNCR.

La Cravate
La Cravate
Bastien a vingt ans et milite depuis cinq ans dans le principal parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, il est invité par son supérieur à s’engager davantage. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, il se prend à rêver d’une carrière, mais de vieux démons resurgissent…
 
Vous avez choisi un dispositif narratif très particulier : pourquoi ?
E.C. – Il y a deux choses dans ce dispositif : tout d’abord cette voix-off littéraire que nous avons imaginée très tôt, au début du tournage. Cela nous a poussé à filmer d’une certaine manière. Nous avions comme référence des extraits de romans classiques comme par exemple la scène du mariage de Madame Bovary. En arrivant sur le lieu d’un meeting, il nous fallait filmer les convives, le parking, les cuisines, chaque espace, chaque détail. Et pas uniquement se concentrer sur l’action. Cette façon de filmer donne à l’arrivée un sentiment de fiction. Et puis dans un second temps, nous nous sommes dit qu’il fallait soumettre cette voix-off à Bastien pour enregistrer ses réactions.

Qui a écrit cette voix-off ? Comment avez-vous travaillé ? 
E.C. – Nous voulions travailler avec un écrivain mais nous avons finalement abandonné l’idée, d’abord parce que nous n’avions pas d’argent, mais aussi parce que c’est nous qui avions ressenti toutes les situations. Donc au lieu d’aller tout expliquer à un tiers pour transmettre les sensations vécues, nous avons préféré écrire ce récit nous-mêmes. Un écrivain aurait sans doute voulu inventer des choses et construit un personnage trop fictionnel.
M.T. – Nous avons travaillé comme on le fait d’habitude : l’un écrit une version, l’autre s’en empare et la pousse plus loin avant de la renvoyer au premier… jusqu’à que nous soyons tous les deux satisfaits.
E.C. – Pendant le tournage nous prenions des notes, le travail de rédaction s’est fait ensuite et a duré neuf mois. Nous avons dû faire un pré-montage car le texte devait correspondre aux images. Peu à peu, nous avons compris comment régler la voix-off. On partait d’un texte très écrit, et dès qu’il devenait sonore, il prenait trop de place par rapport à l’image, il pouvait paraître redondant. Nous avons dû raccourcir, préciser les termes, éviter les descriptions.
M.T. – Il y a des moments où l’image vient valider ce que dit la voix, parce qu’à certains moments il faut qu’il y ait la preuve par l’image. Mais parfois ce n’est pas nécessaire, l’image donne le cadre et le texte s’intéresse à ce qu’il se passe dans la tête du personnage, à ce qui est invisible. C’était un long travail d’écriture et de montage en parallèle. Mais ce n’était encore qu’un pré-montage car nous allions devoir chambouler le tout après l’étape suivante du tournage : la découverte du texte par Bastien.

Marie Baget, entretien avec les réalisateurs, Le Blog Documentaire



Séances

Cinéma Saint-Joseph, Sainte-Marie-sur-Mer
Jeudi 2 juillet 2020, 21:00