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La Fille au bracelet

de Stéphane Demoustier



France, 2019, 1h36
avec Melissa Guers, Roschdy Zem, Chiara Mastroianni

La Fille au bracelet
La Fille au bracelet
Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

 
Le premier plan du film ne laisse rien présager de ce qui va suivre…
Ce premier plan a été tourné en été, quatre mois après tout le reste. C’est peut-être l’unique plan d’un horizon ensoleillé pour cette famille, et surement la seule fois où ils seront tous réunis dans un même cadre. Je voulais une image d’Epinal, celle d’un temps heureux mais furtif, puisque la police apparait très vite à l’écran, et vient rompre cet instant fragile. Il était important que cette scène contraste en tout avec la suite. Qu’on ressente la bascule avec ce jour où tout s’écroule.

Vouliez-vous, à travers l’autopsie clinique d’un procès, aborder les moeurs de la jeunesse d’aujourd’hui ?
Je voulais regarder cette jeunesse sans la juger. Or dans une affaire judiciaire, tout est exacerbé et le procès agit donc comme un miroir grossissant des rapports intergénérationnels. L’héroïne représente l’altérité absolue pour moi puisque c’est une femme et une adolescente. C’est pourquoi j’ai construit le scénario autour du mystère que représente à mes yeux cette jeune femme. C’est bien sûr ce qui m’intéressait. A travers ce portrait en creux, je voulais parler de la famille. J’ai trois enfants, beaucoup plus jeunes que mon héroïne, mais j’ai remarqué que très vite la question de l’altérité se posait. A qui a-t-on affaire ? On a toujours l’impression de connaître ses enfants mais l’évidence apparaît inéluctablement : ce sont des êtres autonomes qui nous échappent de plus en plus.

Comment avez-vous construit le côté judiciaire du récit ?
J’ai passé du temps en cour d’assises pour assister à des procès, m’en inspirer, et être certain de coller au maximum à la réalité. Je ne voulais pas tomber dans une vérité documentaire, mais il m’importait que ce soit crédible. Le scénario fini, je l’ai d’ailleurs fait relire par des juges et des avocats.

La mise en scène est beaucoup moins mouvante dans le tribunal qu’à l’extérieur…
La caméra épouse le point de vue des parents. L’expérience qui est proposée au spectateur, c’est celle de vivre un procès. Comme le ferait un juré. Dès lors, je ne voulais pas créer de mouvements artificiels. C’eût été superflu car le procès se suffit à lui-même. Lors d’audiences auxquelles j’ai assisté, j’ai remarqué à quel point le récit d’un témoin pouvait être captivant. Le pari du film, c’était de restituer cela, cette expérience du procès. Cela engage l’image, les cadres, mais aussi le son. Car je voulais faire un film qui donne à voir par la parole mais qui impose aussi ses silences, d’autant plus notables qu’ils agissent en contraste avec le régime du procès qui fait constamment la part belle aux discours.

Dossier de presse, entretien avec le réalisateur



Séances

Cinéma Le Gén'éric, Héric
Vendredi 31 janvier 2020, 20:30 • avant-première