La Pivellina

de Tizza Covi et Rainer Frimmel



Italie-Autriche, 2009, 1h40
avec Patrizia Gerardi, Asia Crippa, Walter Saabel

La Pivellina
Artistes de cirque, Patty et Walter vivent avec chiens et chèvres dans un camping, à la périphérie de Rome. Pour eux, l'hiver est la pire des saisons : pas de public, pas de travail. Un jour, Patty découvre une petite fille abandonnée dans un parc. Elle la ramène au campement, en espérant que sa mère viendra bientôt la chercher...

Tourné avec trois euros, en lumière naturelle, La Pivellina commence comme une chronique documentaire sur une communauté socialement et géographiquement en marge. Terrains vagues truffés de déchets, bords de routes assourdissants, travées boueuses, cités lépreuses : tel est le décor des saltimbanques, éternels parias parqués derrière des palissades. Ce milieu, Tizza Covi et Rainer Frimmel le connaissent bien, tout comme les interprètes du film dont « la vraie vie » ressemble à celle de leurs personnages. Filmée par un regard complice, leur intimité échappe au misérabilisme et au folklore. Au sein de cette communauté où la solidarité tient du réflexe de survie, la chaleur humaine circule aussi naturellement que les courants d'air.

Pour sa première fiction, le couple de photographes-documentaristes raconte une histoire à la fois âpre et généreuse, triste comme un conte naturaliste. Petit à petit, au fil de scènes gracieuses - un jeu de ballon, une berceuse murmurée, une promenade à la mer -, l'amour grandit entre la pivellina (« la petite », en italien) et sa famille de substitution. Chacun, à sa façon, fait une place à l'enfant : Patty, la robuste foraine aux cheveux rouges, Walter, son compagnon, mais aussi Tairo, un ado espiègle, lui aussi délaissé par ses parents. Cette trame toute simple se déploie si délicatement qu'elle nous touche au cœur. Dans ce minable camping de banlieue, les cinéastes cherchent et trouvent des signes d'humanité. Jusqu'au bout - le film s'achève sur un moment sublime où tout reste possible -, ils s'obstinent à croire en nous, envers et contre tout.


Mathilde Blottière, Télérama



Séances

Ce film a été programmé en 2018 dans les cinémas associatifs suivants :
• Nantes, Le Cinématographe
• Le Pouliguen, Cinéma Pax
• Sainte-Marie-sur-Mer, Cinéma Saint-Joseph