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La Pointe courte

de Agnès Varda



France, 1955, 1h26
avec Silvia Monfort, Philippe Noiret

La Pointe courte
La Pointe courte
Un couple sur le point de se séparer, se questionne dans les lieux que la femme découvre, là où l'homme a été élevé, un petit village de pêcheurs près de Sète, La Pointe Courte. Des pêcheurs de coquillages s'organisent pour défendre leurs droits, les familles ont des tracas et des histoires de voisinage. Le couple est en crise : ils dialoguent. Ceux de La Pointe Courte se réunissent pour les Joutes. C'est une double chronique - un couple et un groupe, dans la lumière éblouissante de l‘été.
 
La Pointe Courte est un film double, divisé en deux parties distinctes qui se juxtaposent. D’un côté, elle dépeint avec réalisme la vie des pêcheurs de ce petit village sétois. A l’époque, le film a été perçu comme une incursion inédite du néoréalisme italien dans le cinéma français. Si Agnès Varda n’avait jamais entendu parler de cette école, sa volonté d’aller filmer le quotidien de ces pêcheurs qu’elle connaît si bien, et ce dans une approche quasi-documentaire, peut en effet évoquer l’art de Rossellini, bien que la jeune cinéaste emprunte des voies différentes de celles des maîtres italiens. De la sorte, elle rend compte d’une réalité brute, pénètre dans l’intimité de ces familles, dessine les tragédies et les drames qui soudent des liens inextricables au sein de la communauté. Par un ensemble de petites saynètes, elle parvient à délivrer au spectateur une peinture réaliste remplie d’émotions fines et de personnages attachants.  (...) Son talent de photographe se révèle dans la manière qu’elle a de rendre extraordinaire le plus banal : le passage d’un chat, les draps blancs qui sèchent au vent, des anguilles et autres poissons visqueux, les filets des pêcheurs. C’est en cela qu’Agnès Varda peut se rapprocher de certains grands documentaristes ethnographiques comme Robert Flaherty qui, en dramatisant les petits riens du quotidien des communautés avec lesquels il a tissé des liens complices, leur confère une dimension fabuleuse.

Parallèlement à l’existence des pêcheurs se noue un drame singulier autour de « lui » et d’« elle », un étrange couple interprété par Philippe Noiret et Sylvia Monfort, deux acteurs de théâtre. (...) A la manière de Wild Palms de Faulkner, le film se construit sur l’alternance systématique de deux strates de récit qui ne se rejoignent jamais, mais qui se font néanmoins échos à l’image de ces chats qui circulent nonchalamment d’une séquence à l’autre.

François Giraud, DVDClassik



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