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Terminal sud

de Rabah Ameur-Zaïmeche



France-Algérie, 2018, 1h36
avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi

Terminal sud
Terminal sud
Dans un pays plongé dans un climat d’insécurité et de conflit armé, un médecin tente malgré tout d’accomplir son devoir au sein d’un centre hospitalier, jusqu’au jour où son destin bascule...
 
L’Algérie encore, vue de l’autre côté de la Méditerranée : un Rabah Ameur-Zaïmeche tout d’électricité contenue est monté lundi sur la scène du festival, un peu rock star, un peu poète, un peu prophète aussi. Terminal Sud, son sixième long métrage, ramification de Bled Number One (2005), qui s’autorise enfin à en scruter les impensés alors encore trop à vifs, dépeint un pays qui ressemble fort à l’Algérie mais se rêve imaginaire, en une époque qui se veut la nôtre sans paraître tout à fait elle, en proie à une conflagration de maux évocateurs autant de la colonisation, de la guerre d’indépendance ou de la décennie noire que de dérives tyranniques à l’œuvre ces jours-ci en Afrique du Nord comme ailleurs.

Au milieu de ce tableau d’hécatombe, traversé sur le mode d’une descente aux enfers à laquelle le cinéaste retranche tout suspense pour n’y faire régner que de la menace, se débat un homme, médecin, chevillé à sa croyance en la valeur de toute vie, là même où les diverses factions antagonistes ne semblent s’accorder que sur sa démonétisation totale. Et le film, inégal mais parfois magnifique, doit beaucoup à l’indolence tendre et l’hétérogénéité des façons d’être au monde qu’y insuffle son comédien principal : Ramzy Bedia, dit Ramzy, plus accoutumé à la farce lunaire qu’à l’absolu désenchantement de ces contrées où le calme de sa présence d’un autre astre fait pourtant merveille.

Julien Gester, Libération



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