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Éditoriaux 2018


Le mot du Président du Département de Loire-Atlantique

Éditoriaux 2018

Depuis 3 ans, les cinémas associatifs de Loire-Atlantique ont leur festival : il s’appelle PlayTime et nous sommes très fiers de participer à cette belle aventure. Depuis longtemps nous saluons la vitalité du cinéma en Loire-Atlantique. Mais la dernière "géographie du cinéma" du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC) a confirmé cette dynamique exemplaire : pour la première fois, notre département est le tout premier de France en nombre d’établissements classés art et essai. Nous devançons même la capitale !

Soyons clairs, ce résultat ne doit rien au hasard. Bien sûr nos territoires se caractérisent dans tous les domaines par leur vitalité associative mais les choix du Département depuis plus de 10 ans en matière de culture sont aussi déterminants. Plus que jamais je défends les principes fondamentaux de la décentralisation : ils constituent des points de repères essentiels pour conjuguer diversité et liberté artistique. Ainsi depuis 2006, nous avons choisi de confier à l’équipe du Cinématographe Ciné-Nantes Loire-Atlantique, l’accompagnement du réseau des salles de cinéma associatives de Loire-Atlantique (SCALA). La qualité du travail réalisé a force d’exemplarité : lorsque les acteurs culturels se rassemblent autour d’une ambition commune dans le respect de leurs singularités, c’est la circulation des films, partout, pour tous les publics, qui s’en trouve facilitée.

Ne nous leurrons pas, ces résultats ne doivent pas masquer une situation nationale nettement moins élogieuse. Sans l’engagement associatif conjugué à une volonté politique constante, ces dynamiques sont fragiles. Aussi, je souhaite que ces bons résultats soient une motivation supplémentaire pour nous mobiliser toujours davantage afin que chacun puisse accéder aux oeuvres, goûter le plaisir de la cinéphilie - du chef d’oeuvre du patrimoine jusqu’aux plus singuliers films de genre. Handicap ou pas, à tous les âges de la vie, sur tous les territoires, au-delà des inégalités des ressources, le 7e art doit être aisément accessible à toutes et tous.

Ensemble, nous devons continuer à faire que pour toutes et tous le cinéma conjugue un art populaire avec les plus exigeantes ambitions esthétiques. C’est, je le crois, un enjeu politique majeur parce qu’il dit la manière dont nous voulons vivre ensemble. Aimons avec passion le cinéma !

Philippe Grosvalet
Président du Département de Loire-Atlantique
Éditorial rédigé à l'occasion de la troisème édition de PlayTime, en 2018

 


La salle de cinéma, enjeu culturel des territoires

Éditoriaux 2018
Cette 3ème édition de PlayTime se situe dans un contexte général du cinéma plutôt satisfaisant au vu des estimations des résultats 2017. Même si la fréquentation montre une légère baisse de 1,8%, elle reste toutefois le 3ème plus haut niveau depuis 50 ans et se situe très au-dessus de la moyenne des 10 dernières années. Pour la quatrième année consécutive la fréquentation des salles franchit les 200 millions, ainsi les entrées en France demeurent les plus élevées d’Europe. Ces chiffres montrent également une forte progression des films français. Cependant cette bonne vitalité nationale ne se retrouve pas toujours dans les salles de la petite exploitation qui avec une économie fragile doivent faire face à de nombreuses contraintes imposées par la grande exploitation. Imaginer que le passage au numérique permette une meilleure répartition des films, serait faire totalement abstraction des lois du marché.

Ainsi les salles de la petite exploitation (celles qui font moins de 80 000 entrées par an) connaissent avec cette évolution technologique une augmentation des coûts de fonctionnement, une situation qui pourrait devenir très inquiétante dans un très proche avenir, car les appareils numériques n’ont pas la résistance des historiques projecteurs 35mm. L’année 2017 a été aussi l’année de la refonte de la convention collective de l’exploitation cinématographique qui entérine la disparition du métier de "projectionniste" remplacé par celui de "technicien de cinéma". Les salles associatives, même si elles ont des salarié·e·s, fonctionnent sur la passion de nombreux·ses bénévoles et la cabine est le royaume de ces bricoleurs et bricoleuses qui oeuvrent dans le respect des films. Et je doute qu’ils, qu’elles se retrouvent sous l’appellation de "technicien du cinéma".

2017 : année de la réforme de l’Art et Essai. Le Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée a revalorisé les subventions Art et Essai. Les salles les plus éloignées (bassin de population plus faible) sont en priorité concernées par cette augmentation mais la diversité de la programmation reste un critère essentiel. Un grand nombre de salles est concerné par ces mesures et la richesse des propositions de programmations faites dans PlayTime prend ici tout son sens.

Une étude réalisée par le CNC sur l’année 2016, montre un renforcement de la pratique du cinéma. Cette pénétration progresse davantage chez les plus de 25 ans. Cependant, les 15-19 ans restent les plus gros consommateurs avec 7 entrées par an contre 5 entrées en moyenne. La pratique de l’adolescent·e, qui est de privilégier l’anonymat, est plus favorable aux multiplexes qu’aux petites salles de proximité. Cette étude, démontre cependant que le cinéma reste une sortie collective, que le choix du film est une priorité, que 79% des français fréquentent toujours le même cinéma, avec pour 68% d’entre eux une priorité pour leur cinéma de proximité. Plus que jamais les salles associatives/indépendantes ont un rôle important à jouer dans la pratique culturelle des citoyen·ne·s. Il était d’usage de dire que dans la commune les deux dernières lumières à s’éteindre étaient celles du cinéma et celle du café. Aujourd’hui dans de nombreuses communes, seule la lumière du cinéma reste. Et elle ne pourra éclairer qu’avec le soutien des collectivités. Celui du Conseil Départemental de Loire- Atlantique maintient cette vitalité du cinéma sur son territoire.

Pendant 15 jours tous ces lieux culturels vont vivre au rythme des films, des invité·es, des animations. Petits et grands vont se laisser embarquer dans le rêve de cette belle édition.

Catherine Cavelier
Membre fondatrice et vice-présidente du Cinématographe Ciné-Nantes Loire-Atlantique

Éditorial rédigé à l'occasion de la troisème édition de PlayTime, en 2018